Sauf mention contraire, les articles sont de Francis Lemaire.
En haptonomie*, on parle d'Expectatus : être dans lexpectative, "Jattends pour voir". Les événements vont décider pour moi.
Il y a aussi lAttentus : être sur le qui-vive, sur ses gardes, en alerte, prêt à repousser une attaque.
Alors, attendre une initiative, attendre quil y en ait un qui bouge, éventuellement le ramener dans le rang sil ne correspond pas à nos attentes, ou bien le suivre, changer de file... dattente.
Jusquà ce que lon ne sache plus qui suivre et jusquà oublier que lon attend !
Le mal-attendant peut-il devenir attentif, et découvrir en lui que la personne quil attendait était la personne qui lattendait...?
Sans plus attendre, posons-nous quelques questions. Pouvons-nous nous permettre de ne pas aller à la rencontre de notre projet de vie, dignorer ce quil nous propose, ce quil nous impose ?
Sommes-nous encore capables de distinguer au travers des changements personnels, professionnels et sociaux que nous vivons, les valeurs sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour inscrire dans nos projets la marque de notre être ?
Suffit-il dignorer sa souffrance pour leffacer, suffit-il de la refuser pour se sentir à labri, suffit-il de la combattre pour léliminer de la surface du globe ?
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Pour commencer, Dominique, peut-être le plus important : Essaie de comprendre ce dessin en te demandant comment il te touche, comment tu peux inclure cette notion en toi, même si elle na aucun caractère de vérité universelle.
Pour cela, tu peux prendre des exemples dans ta vie affective consciente, essayer de savoir ce qui te fais le plus peur, ce qui te peine le plus, ce que, pour rien au monde, tu voudrais quil ne tarrive. Cherches aussi à savoir comment tu agis pour léviter.
Il est fort possible que tu te rendes compte quune des manières déviter, cest de mettre à distance, déviter le contact, et donc dêtre touchée.
Ce dessin représente la forme 1 que je (je en tant que sujet, moi ou un autre) donne à la limite qui marque lespace de rencontre avec lautre et avec le monde. Cest la frontière de mon être-au-monde, une frontière réellement sensible. Cest le lieu variable de mon "être touché". Variable, cela veut dire que quand je ne veux pas être touché, je creuse cette forme, en même temps dailleurs que je réduis mon espace intérieur.
Mais le monde reste à la frontière, il ny a pas de raison, et moi je peux le remettre à sa place, là où il y a une bonne réciprocité déchange ; sauf si je persiste à refuser le contact. Dans ce cas, chaque événement un tant soit peu similaire va venir creuser un peu plus la frontière de mon "être touché" et je vais tenter d'installer une défense fixe et chronique, manière dêtre et de dire : "Dans cette direction-là de la vie, je ne veux plus être touché, je ne veux plus sentir, je veux ignorer..."
Bien sûr, là où jéprouve le besoin de me défendre, cest là où jai souffert, là où jai été nié dans mon intention, mon projet de vie, là où, pour une raison quelconque (ou pas), jai été confronté à linsupportable.
Jusquici, rien que de très classique, il me semble.
Ce que le dessin dit de plus, cest que là où je ne veux pas être touché, je suis encore plus vulnérable. Et cest justement là que les autres ou les événements vont venir me provoquer. Dans le langage courant on dit "trouver la faille" ou "sintroduire dans la brèche".
Et si je souffre, je pense que le monde devrait être autrement, quil soit passé, présent ou à venir.
Mais le monde ny est pour rien, il prend juste la place quon lui laisse !
Cest pour cela que la défense ne repousse pas, comme on lespère, mais elle invite. Et cette invitation est une invitation à faire corps avec le monde.
Jespère navoir pas été trop schématique !
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... Au début, il y a un monsieur et une dame qui sont dans un certain type dactivité dont le résultat sera la création dune nouvelle vie.
Le monsieur, tout dun coup, projette quelque chose pendant que la dame oriente ce projet vers son but. Et parmi la multitude de petits projets potentiels, un seul sera élu. Après coup, on dira que cétait le bon.
De deux il ny a plus quun. Création.
Ce projet existait déjà avant et exerçait une force dattraction qui les faisait tendre lun vers lautre.
Et on a bien compris quil se passe au dessous de la ceinture et quil existe toujours, puisquon en voit le résultat.
Mais là-haut, au dessus, ils sont toujours deux, avec peut-être dautres projets qui peuvent éventuellement rentrer en conflit : "Comment va-t-on faire ?" "Cétait pas le moment." "As-tu pensé à ma carrière ?".Il se peut aussi que chacun des deux soit en conflit avec lui-même, avec son expérience et sa mémoire ("Tu te souviens, déjà au dernier, jai failli y rester..."). Et tout cela fait beaucoup de projets, dont les intentions peuvent être très différentes les unes des autres.
Pendant ce temps-là, le petit uf fécondé se met en recherche dun nid douillet, il rentre en contact avec le monde pour trouver ce nid. Et il peut être vraiment déçu si aucune place ne lui dit : "Viens, je suis là pour toi.". Si lon nest pas présent pour lui, si on joue labsence, il ne comprend plus. Il dit : "Mais, moi, je suis porteur dun projet, le plus important du monde et vous étiez bien daccord ! Alors quoi, est-ce que je dois comprendre que ce projet nest pas bon ?".
Tout peut aussi très bien se passer... Les gens heureux nont pas dhistoire, paraît-il.
Et puis, vient le moment de la naissance, et puis les débuts de la vie de bébé, et puis les premières déceptions, une quantité dévénements qui peuvent remettre en question la belle assurance du départ, si elle a existé.
Alors, le projet de vie passe des compromis... avec la vie, pendant que les grandes personnes parlent de réalité pour expliquer quil faut la subir.
Pourtant lintention originale est restée.
Alors le projet de temps en temps refuse, il pique sa crise, il dit : "Non, le monde ne devrait pas être comme ça et je vais le prouver." Et il passe son temps à essayer de changer le monde comme on lui a appris à le faire, en se coupant en deux : dun côté le projet qui est juste bien sûr, de lautre le monde qui doit changer, évidemment.
Cest la guerre.
Au départ, il navait pas appris à lutter, cest venu après. Et sil navait pas lutté, il naurait pas survécu, du moins en tant que projet. Mais la lutte, ce nest pas lui. Cest juste un moyen quil a appris parce qu on nétait pas au rendez-vous, parce quon na pas su lui apprendre à rester en contact, à faire corps avec le monde.
Nous sommes la matérialisation dun projet de vie. A un moment donné quelquun a eu envie que ce projet se matérialise, peut-être avec beaucoup damour, peut-être sans,... je ne sais pas, mais il y a eu une intention. Une intention peut-être pas vraiment consciente delle-même, pas toujours extrêmement claire, peut-être ambivalente, peut-être même quelque chose qui ressemblait à une non-envie, et qui pourtant sest fait.
Tout de suite, on pourrait voir dans cette intention, la volonté de dieu, le destin ou la fatalité. Et, comme cest très mal connoté, on fermera aussitôt le sujet. On a trop peur de quitter le matériel et pourtant cest ce que lon veut par dessus tout : ne pas être que matériel, ne pas avoir mal, ne pas être attaché... ne pas être si peu de choses.
Alors donc, il y a un projet, pas parfait, pas entier, mais cest comme ça que ce projet nous ressemble !
Ce projet, nous continuons à le matérialiser, à le manifester, sans toujours le reconnaître .
Cest un peu comme si on ouvrait un robinet : leau coule. On met une passoire sous le robinet, le jet deau est dévié, divisé. Disons que nous sommes la passoire, et, en plus, une passoire bouchée !
On ne laisse pas tout passer, pas tout nous traverser. Alors, quand on regarde ce qui sort de la passoire, on ne reconnaît pas le jet deau.
Imaginons que je fasse le noir dans une pièce et avec une lampe de poche, jéclaire la passoire, on peut supposer que des rayons de lumière vont éclairer, atteindre le mur. Mais ces points-là, sur le mur, ne se reconnaissent pas entre eux, ils sont isolés et nont pas conscience du "projecteur", du projet déclairer.
Ce qui bouche la passoire, cest la mémoire que nous refusons, qui ne laisse pas passer la lumière. Comme un tas de petits interrupteurs corporels qui filtrent. ça nempêche pas le projet de se manifester, mais on ne le reconnaît pas, on ne se reconnaît pas dans ce projet.
Alors, on peut essayer, comme une passoire douée de conscience, de reconnaître les manifestations de ce projet, les projections sur le mur, ou sur lécran (ou les miroirs) de notre vie quotidienne.
Reconnaître en nous quand une armée semble lever le bouclier pour hurler : "Non, je ne veux pas, je refuse, cest pas juste..."(Je ne veux pas le voir, pas le sentir, pas le savoir, pas le vivre, pas le rencontrer...)
Reconnaître dans nos pas ce qui nous fait aller encore une fois vers cette histoire quon aimerait ne pas voir recommencer. Ah ! Si seulement la fin du film pouvait changer pour une fois ! Pour une fois, je ne me fâcherais pas, pour une fois, je ne serais pas triste, pour une fois, joserais, pour une fois, je ne serais pas blessant ou pas blessé.
Alors jy retourne et cest vrai que cette fois je sais que je peux faire quelque chose pour que ça ne se termine pas comme dhabitude : Cest de ne rien essayer dempêcher !
Dune certaine manière, cest le travail que nous tentons deffectuer préventivement dans les groupes de parole.
P.S. Un bon conseil : avant de vous claquer la tête contre les murs, mettez la passoire dessus.
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On peut prendre un exemple au niveau professionnel.
Imaginons une jeune fille qui voulait être infirmière, ou hôtesse de lair, ou secrétaire, ou traductrice, etc.
Elle ne lest pas.
Depuis des années, elle le vit comme un échec, mais elle met cet échec de côté. Elle nen parle pas tous les jours, et surtout, elle ne fait rien pour transformer cet échec. Elle aurait peut-être pu reprendre des études, mais... Il y a un mais et elle ne la pas fait.
De toute façon, cest de la faute de cet orienteur qui lui a dit quelle ne pourrait jamais devenir _______ (choisissez vous-même le métier). "Sil ny avait pas eu cela, certainement, maintenant, je serais _______."... "Je sais que cest de sa faute et je pourrai continuer à lui reprocher toute ma vie."... "Ma vie est ratée à cause de cet imbécile". On imagine bien les phrases que peut penser ou dire cette jeune fille 2.
Premier problème quelle ; ou que "je" ne mavoue pas : "Si je réussissais ma vie, je ne pourrais plus reprocher à un autre mon échec antérieur. Donc, jai intérêt à ne pas la réussir."
Deuxième problème que je ne mavoue pas non plus : "Sil a dit ça, cest parce que javais de mauvais résultats. Et javais de mauvais résultats parce que je narrivais pas à comprendre ce que disaient les profs. -Dailleurs, je ne comprenais pas ce que disaient les adultes- Ils parlaient damour et ils nétaient pas capables de vivre ensemble sans se déchirer. Alors voilà, jai décidé que ce que japprenais à lécole, ça ne servait à rien parce que mon seul projet cétait de savoir comment racamailler 3 mes parents. Et je nai jamais trouvé une personne capable de me dire comment faire."
Troisième problème, que jignore totalement, cette fois : Je nai pas réussi et jen ai conclu que jétais un bon à rien et que mon projet était mauvais, que ce nétait pas le bon projet. Jy renonce.
Conclusion : Ce projet, on pourrait dire que cétait un projet porteur damour au départ. Cest aussi un projet qui ne comprend pas pourquoi les choses ne se passent pas comme prévu. Il refuse que la "réalité" ne soit pas comme "elle devrait être". Il fait tout pour que cette réalité change, jusquau moment où, vaincue, la personne labandonne. Et là, elle va essayer de trouver un autre moyen de créer de la cohérence entre son projet et la réalité :
- Cohérence rationalisante qui va justifier lhistoire : "Cest de la faute de lorienteur..." ou "Je nai pas réussi parce que je ne devais pas réussir"
- Cohérence au quotidien : La personne doit continuer à subir la "réalité", ici, les prédictions de lorienteur: "Tu ne seras pas ________" pour pouvoir attribuer léchec professionnel à un autre et ignorer son véritable projet.
Elle ne conçoit plus que deux possibilités : Lutter et gagner, vaincre le monde et les autres, avoir un projet victorieux comme devenir infirmière par exemple ou subir, sécraser, être vaincue.
Et le monde se divise en gagnants et en perdants.
Cest pour cela que dans les groupes de parole, on traque le refus. Le refus de faire corps avec. Cest à dire, dans cet exemple, de faire corps avec lémotion qui accompagne lacceptation de léchec à réunir ses parents dans une relation damour. Lémotion aussi de savouer que cet amour lui a manqué.
Acceptant cette émotion, elle retrouvera son projet véritable qui nétait pas si mauvais et rien ne lempêchera plus de réussir dans dautres projets.
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On a tous un ou des projets, ou limpression den avoir.
Nous pensons que cest notre projet dêtre instituteur, davoir des enfants ou de ne pas en avoir, de se marier ou de ne pas se marier, de se cultiver, davoir une vie confortable, de faire construire ou daménager son chez soi, de voyager, dêtre quelquun de bien etc.
Tout ça cest "notre projet".
Et si on a réussi ça, on a réussi sa vie ? On sait bien que ce nest pas tout à fait vrai.
Dabord parce quil y a des projets que lon na pas réalisés ni au niveau de son métier, ni au niveau de ses relations amoureuses ni au niveau matériel, intellectuel, spirituel, ou du monde que lon voulait changer (du moins certains).
Si on est un peu sincère avec soi-même, on sait bien que son projet de vie ne sarrêtait pas aux projets que lon a réalisés. On en a laissé en route... Prenez le temps de trouver vos propres exemples.
Et puis aussi, on dit notre projet, mais est-ce quon sait pourquoi on préfère les blond(e)s ou les brun(e)s? ... pourquoi tel métier, tel endroit, tel voyage, telle rencontre, telle idée du monde ?
Jusquà un certain point, dans certains domaines, cest notre projet, mais sur de nombreux autres points, on ne sait pas ce qui nous pousse ou qui nous attire dans telle direction. On va dire : "cest ma nature, cest ma culture, je suis comme ça."
Comment "comme ça" ?
Il faut traduire cette expression par : "déterminé sociologiquement, psychiquement, biologiquement 4". Nous sommes physiquement humains, déterminés par nos gènes, nous ne sommes pas un autre animal, nous ne pouvons pas soulever des tonnes, ni courir plus vite que notre ombre, etc. Psychiquement : nous avons la mémoire consciente ou inconsciente de ce qui est bon pour nous ou mauvais, et nous avons fixé des choix définitifs : aller vers cela, éviter cette autre chose ou relation. Une fois pour toutes nous avons effectué des choix que nous répétons consciemment et surtout inconsciemment. - Déterminés sociologiquement enfin parce que, malgré notre sentiment de liberté de choix, on ne se marie pas avec qui on veut, on ne fait pas les études que lon veut, on ne choisit pas leur durée sans que des facteurs sociaux ninterviennent fortement dans ces choix.
Pour résumer en deux points :
1) Nous avons laissé tomber une partie de notre projet en route. (et pas seulement ce que lon appelle les illusions).
2) Ce que nous appelons notre projet est amplement déterminé par autre chose que notre libre-arbitre.
Jusque là, il ny a rien de nouveau et surtout rien de très grave.
Ce nest pas très grave parce que jaime ma femme (même si je ne sais pas pourquoi je lai choisie brune ou blonde) ou mon homme, jaime mon métier, même si je ne lai pas tout à fait choisi, jaime mes voisins, jaime mes chefs, je déteste la mer, mais je vais à la montagne. Alors, déterminé ou pas, tout va bien. A quoi bon remuer toutes ces questions ?
Disons que si on veut bien simpliquer un peu, on pourra découvrir quil ny a pas que les voisins qui sont remis en question dans leurs certitudes quand ils ont perdu leur boulot, quand leur couple a commencé à battre de laile, quand un de leurs proches les a quitté (sournoisement), quand les enfants ne réussissent pas dans leurs études ; ou que soi-même, on a le sentiment de ne pas avoir réussi sa vie ou une partie de sa vie, essentielle ou supposée essentielle. On pourra s'apercevoir que lon est déterminé, pas seulement pour une forme de bonheur, mais aussi pour tout le reste, difficultés comprises, et que bizarrement, c'est encore notre projet de vie qui intervient dans notre rencontre avec ces difficultés.
Cela perçu, il devient alors important de retrouver, au delà de nos déterminations 5, notre projet de vie. Quelle que soit la situation, et pourquoi pas avant la crise, il apparaît nécessaire pour cela d'aller à la rencontre, à la découverte, de notre responsabilité de chaque instant dans le choix de lacceptation ou du refus de la situation présente y compris quand elle est difficile à vivre.
Rencontrer son projet de vie, cest rencontrer, et peut-être redécider, des choix que lon a fait à toutes les étapes de la vie, y compris dans les situations où lon a cru que lon navait aucun choix 6.
Rencontrer tous les moments où lon a du abandonner une partie de soi-même, une partie de son projet.
"Javais le choix de partir avec Louise, nous aurions fait le tour du monde, mais jaurais abandonné mes études et ma carrière ..." - ou linverse - "Jaurais pu devenir riche et célèbre, mais je ne sais pas ce qui ma pris, jai tout laissé tomber pour élever des chèvres."
Ou aussi : "Quand jétais plus jeune, mes parents mont empêché de poursuivre des études, ils mont mis à la porte et jai du commencer à travailler très tôt. Je leur en ai toujours voulu, même si maintenant on se revoit . Moi, mes enfants feront des études, quel quen soit le prix !" (Même sils nen ont pas envie ?).
Ou alors : "Mon père battait mon petit frère, mais je nai jamais pu rien dire parce quil maurait frappé aussi. Je men suis toujours voulu." Ou bien encore : "Jaurais tellement aimé lui dire que je laimais, mais je nai jamais su, je nai jamais appris..."
Les exemples ne sont pas toujours aussi clairs ni concrets, chacun pourra trouver les siens. Limportant, cest de remarquer quà chaque fois, il y a de notre projet qui sexprime, à travers une intention qui na pas pu se réaliser, aboutir, en tous cas pas comme elle sexprimait au départ. Et souvent il y a une émotion qui a marqué la rencontre de lintention avec ce qui la empêchée de se manifester concrètement jusquau bout.
Alors, pour aller à la rencontre de son projet de vie, il ne faut pas trop sinquiéter daller le chercher dans le passé ou le futur, parce que notre intention est toujours là. Elle ne sexprime pas à travers les mêmes décisions, la même actualité, mais elle est présente, maintenant, dans chacun de nos actes.
Cest dire que nous avons loccasion de rencontrer notre projet de vie, autrement dit notre intention originelle, tous les jours. Mais souvent celle-ci est cachée derrière une émotion. Cest pourquoi on ne la reconnaît pas si lémotion nous aveugle, si on refuse de vivre cette émotion parce quelle est douloureuse, quelle nous rappelle un moment de souffrance.
Mais lintention est toujours là, en tant quintention et elle arrive même parfois à fabriquer par devers nous des situations où lon ne pourra plus se retenir, refuser de rentrer dans lémotion.
Quelquun va nous mettre en colère, peut-être pour une raison insignifiante, et derrière cette colère, il y aura peut-être le sentiment de ne pas être reconnu et derrière ce sentiment, il y avait lintention dêtre reconnu pour ce que lon est.
Peut-être que lon va avoir peur, pour une raison tout aussi insignifiante, et derrière cette peur on pourra trouver le besoin de sécurité, le besoin de protéger le meilleurs de soi-même mais aussi la tristesse de devoir cacher à lintérieur de soi quelque chose qui est si beau.
Ce nest donc pas compliqué de partir à la recherche de son projet de vie. Cela peut être long, douloureux parfois, on peut douter, mais ce nest jamais compliqué. Il suffit de ne pas empêcher les émotions, là, tous les jours, de venir à la surface, et quand elles viennent, on peut les exprimer, sans faire de cinéma inutile, en étant conscient de la présence de lautre, mais en ne lui prêtant pas de mauvaises intentions, puisque les nôtres sont bonnes 7.
Cest ce que nous faisons pendant les groupes de parole. Des gens se réunissent pour exprimer ce quils sentent, là 8, maintenant, éventuellement suivre le fil, et aussi écouter lexpression des autres, en ressentir les échos en eux, et à nouveau partager.
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