Le Corps Mémoire

Association pour une pédagogie du développement personnel

 

Questions - Réponses

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Qu’est-ce que le projet de vie ?
 

C’est le projet de découvrir, le projet d’aimer, le projet de réussir, de partager, le projet de construire (aussi des relations), le projet de passer un bon moment, le projet de faire ce pour quoi on s’est senti appelé, le projet de cesser de vivre ce que l’on n’a pas envie de vivre, de cesser de ressembler à qui on n’est pas, ou de cesser de laisser croire que l’on est quelqu’un d’autre que soi-même ... et bien d’autres choses que vous connaissez mieux que moi.

Bref, c’est l’orientation que nous donnons à notre vie, c’est la tonalité que nous donnons à nos relations, c’est ce qui donne du sens à nos autres projets, c’est la base affective sur laquelle ils s’inscrivent.

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Pourquoi parler de projet de vie ?
 

Le projet de vie, c’est la dimension affective qui colore nos projets, quels qu’ils soient .

Mais bien souvent, on ne la prend pas en compte .

Or, c’est cette dimension qui agit soit comme moteur, pour s’élancer au delà de nos limitations habituelles (ce qui nous projette en avant) ; soit comme frein, qui limite alors d’une manière incontrôlable cet élan.

Il est donc nécessaire d’apprendre à reconnaître et à intégrer cette dimension dans notre vie. Car, en préférant l’ignorer, on risque de rester prisonnier de décisions qu’on ne prend pas vraiment nous-mêmes .

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Pourquoi ne vit-on pas toujours en accord avec notre projet de vie ?
 

Parce qu’il arrive que nous ayons été blessés affectivement, que nous ayons vécu des événements ou des situations tellement difficiles que nous n’avons pas pu les accepter comme des moments faisant partie de notre vie .Dans ces moments là, on se dit quelque chose comme : "Si c’est ça la vie, alors j’ai moins envie ...de découvrir, de connaître, de partager...". C’est comme cela que l’on apprend à restreindre, à limiter son projet de vie parce qu’on croit que cela va suffire à nous protéger.

A nous protéger... de la vie ?

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Peut-on inverser cette tendance ?
 

Bien sûr ! On peut apprendre à vivre autrement les aléas de la vie, à ne pas jeter notre sensibilité avec les sensations difficiles. Il y a là une confusion très répandue - on jette le bébé avec l’eau du bain - parce qu’à certaines époques de notre vie, on n'a pas eu d’autre moyen pour éviter de souffrir.

Notre éducation nous apprend aussi à garder à distance les mouvements de notre affectivité.

Comme tout cela a été appris, on a la chance de pouvoir aussi le changer .

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Comment réapprend-on ?
 

D’abord, cela demande quand même d’avoir envie de changer quelque chose, ou éventuellement de reconnaître qu’on ne peut plus faire autrement que de changer, même si on ne sait pas exactement quoi.

Ensuite, il suffit de sentir ce qui nous touche : une émotion, un sentiment, une sensation sans chercher à masquer ou à retenir. Et on avance comme ça, on quitte petit à petit l’image qu’on veut bien laisser apparaître de soi, pour s’orienter vers soi, vers qui on est vraiment.

C’est donc très simple et pas du tout technique.

Ceci dit, dans la vie, on a souvent rencontré des événements ou des situations qui nous ont fait mal et qui nous ont empêché de rester vraiment nous-même. C’est pour cela que quelquefois, quand on souhaite redevenir soi-même, on retrouve des choses douloureuses.

Alors, on apprend à ne pas les éviter parce qu’on a déjà appris que si on cherche à les éviter, on n’est plus fidèle à soi-même et on sait ce que l’on perd.

Malgré tout, on garde le choix .

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Quelle est la place du corps dans cet apprentissage ?
 

Une autre sorte de problème que l’on n’imagine pas toujours, c’est que notre projet de vie vient de très loin...

Avant même d’avoir un cerveau capable d’analyser ou de traduire en mots ce que notre corps pouvait ressentir, nous avions, ou plutôt, nous étions ce projet de vie. C’est à dire quelqu’un capable d’aller à la rencontre du monde, de le goûter, de tendre vers ce qui était bon pour lui et de se détourner de ce qui ne l’était pas.

Mais voilà, la vie est parfois dure, et elle nous impose depuis le début des événements ou des situations qui n’étaient pas inscrites dans notre projet (du moins, c’est ce que l’on croit). On aurait voulu être accueilli, aimé, pris dans les bras, ou avoir plus de liberté, pouvoir agir sur le monde, pouvoir exprimer sa colère, sa peur, sa tristesse, et on n’a pas toujours pu.

Tout cela n’est pas forcément dans nos souvenirs, mais, parce que notre corps l’a vécu et senti, il porte encore aujourd’hui ce qui n’a pas pu se dire et il l’exprime à sa manière ; pour peu qu’on le laisse s’exprimer, bien entendu.

Avec un peu d’attention, chacun peut se rendre compte qu’il est capable de stopper une émotion, ou de la masquer, c’est à dire de l’empêcher de traverser son corps. Pour ne pas montrer sa peur , sa colère, sa tristesse... on va ravaler ses larmes, étrangler sa colère, serrer les dents, etc. On se donne une contenance, c’est à dire qu’on tente de contenir les émotions qui pourraient déborder. Et si notre corps les contient, il peut aussi apprendre à les laisser apparaître.

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Quel lien y-a-t-il entre apprentissage et toucher?
 

Si l’on a bien compris que nous apprenons à découvrir le monde depuis le tout début de notre existence, on saisit aussitôt que c’est le sens du toucher qui, à l’aube des sens et de la vie, nous a permis de nous sentir bien ou mal , accueilli ou pas, en sécurité ou non...

Alors, il paraît naturel, pour renouer avec son affectivité et avec un projet de vie dont on peut percevoir qu’il s’enracine très profondément, de prendre contact à ce niveau.

L’apprentissage est toujours aussi simple : Il s’agit de reprendre contact avec les sensations, les sentiments, les émotions qui sont là et qui peuvent venir à fleur de peau . Le contact tactile aide juste à montrer le chemin. C’est une invitation à se sentir touché dans son être de la même manière que quand on dit : "ce que tu dis me touche".

Je disais tout à l’heure que l’on avait appris à restreindre son projet de vie ; ce contact permet à la personne de lui redonner de l’espace, un espace corporel en quelque sorte.

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Quelles sont les techniques utilisées ?
 

A l’heure actuelle, les gens sont avides de techniques. ça rassure de croire qu’il suffirait d’une technique pour chaque bobo de la vie. Est-ce que cela vous rassure de croire que vous pouvez vous programmer comme une simple machine ? Posez-vous la question. Au fond, est-ce que cela vous rassurerait d’être une machine, une mécanique humaine qui fonctionne à merveille et qu’il faut juste entretenir de temps à autre ou réparer en cas de panne ?

Vous avez certainement déjà entendu cette phrase : "Je ne comprend pas, il avait tout pour être heureux..." Cela veut juste dire qu’il manquait l’essentiel ; et cet essentiel n’est pas technique.

Le seul mot d’ordre, c’est : "Eviter d’éviter", éviter de refuser, éviter de faire comme si on n’était pas touché, affecté ; en un mot : accepter d’être ce que l’on est. D’une certaine manière, cela s’apprend, mais on ne peut pas dire que cela soit une technique, c’est plutôt un choix.

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Que veut dire : "...notre corps nous fait répéter..." ?
 

Cela veut dire que l’on continue à souffrir des blessures que l’on cherche à ignorer.

Par exemple, si j’ai incorporé le sentiment, ou la sensation, que je n’arriverai pas à dire ce que j’ai à dire, ou que je ne serai pas écouté (parce que c’est comme ça que j’ai appris à connaître le monde), j’ai souvent deux attitudes à ma disposition : Soit je me tais, et je continuerai à penser que personne ne m’écoute. Soit je deviens agressif pour essayer de faire passer ce que je veux dire, mais cela provoque chez l’autre une réaction de défense, il se met sur ses gardes, ce qui l’empêche de m’écouter vraiment. Dans les deux cas, mon appréhension est confirmée.

En fait, je répète constamment des demandes qui n’ont pas été satisfaites. J’aurais voulu et je voudrais encore que le monde soit autrement qu’il n’est ou qu’il n’a été.

Dans cet exemple, plutôt que d’accepter le fait de ne pas avoir été entendu un jour, je passe mon temps et mon énergie à vouloir changer le monde, à vouloir faire en sorte que les autres m’écoutent et, comme ça ne change pas, je recommence.

On ne comprend pas tout de suite que ce n’est pas le monde qui doit changer, mais notre monde, celui de nos représentations. Ces dernières peuvent venir d'un passé très lointain et on n’a pas toujours, ni la conscience, ni les mots pour les exprimer

Mais le corps, lui, se souvient de tout cela et sa manière de nous faire accéder à la mémoire , c’est de nous faire revivre les situations qu’il n’a pas pu accepter.

En ce sens, c’est souvent la vie qui a des projets pour nous !

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Comment savoir si on a besoin de se réconcilier avec son projet de vie ?

Ce n’est pas toujours évident parce que, comme quand il nous dérange, on le met de côté, on finit par ne plus comprendre les signes qu’il nous fait parvenir.

La plupart du temps on est persuadé que l’on maîtrise rationnellement sa vie et ses projets et que si l’on avait besoin de changer, on le saurait. D’ailleurs, on a déjà changé tout ce qui était possible : de femme ou de mari, de maison, de métier, d’amis, de voiture, de coiffure... tout ! Et ça n’a rien changé !

Voici tout de même quelques indices :

A chaque fois que vous vivez quelque chose qui ressemble à ça, vous pouvez essayer, même si votre situation est difficile, de l’accepter comme une expression de votre projet de vie, une proposition de réconciliation. Donnez-vous la possibilité de le voir aussi comme un message d’espoir.

L’espoir de changer un monde : votre monde intérieur !

Francis Lemaire

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